Des nouvelles de Baduf

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Des nouvelles de Baduf

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Baduf et les bénévoles

La poule aux œufs d’or

Une main d’œuvre motivée et gratuite ? Quelle aubaine !

Sans la gratuité du bénévolat, l’énorme majorité des organisations ou associations qui fondent la vie sociale française s’effondrerait. Faire vivre ces ensembles de bénévoles très différents les uns des autres, est une gageure d’autant plus grande que leur nombre est important. Côté structure, le Code du Travail et de ses milliers de pages est souvent une contrainte obsessionnelle ; l’équilibre économique est un autre fardeau : si on devait rémunérer le travail social des bénévoles pour sa valeur, la note serait plus que salée !

Base incontournable de la vie sociale, les bénévoles peuvent-ils donner une impulsion différente à notre vie commune ? Sujet de toutes les attentions ils dorlotés, cajolés, car les associations de bénévoles représentent des forces puissantes, qui ne se connaissent pas vraiment elles-mêmes, que le monde politique essaie de contrôler, manipuler, via l’attribution de subventions principalement issues de l’argent publique. La redistribution est louable, le clientélisme, non.

Alors bénévole ? Volontaire ? Deux mots pour un même concept ? Le bénévolat induit la gratuité, le volontariat induit l’engagement personnel. Mais le bénévolat est aussi un engagement et le volontaire est très rarement rétribué, même si existent quelques “professionnels” du bénévolat en quête des dotations matérielles offertes sur quelques grands événements sportifs en particulier.

En premier lieu, l’engagement fait passer le bénévole du stade des déclarations d’intention aux actes. Les petites structures n’apportent pas d’attention particulière à la formalisation de cet engagement, trop heureuses de combler un manque dans leur équipe. Les structures plus importantes se soucient plus de clarifier le statut du nouvel arrivant, avec signatures de diverses chartes qui les protègeront d’une suspicion de contrat de travail déguisé, même si le bénévole n’est pas spécialement procédurier.

La disponibilité du bénévole varie énormément suivant son âge, son statut familial ou social. S’il est souvent sourcilleux sur ses “horaires”, paramètre auto choisi d’indépendance, dès l’engagement pris, sa volonté de dégager du temps disponible pour mener à bien ses missions est toujours présente. L’image du bénévole actif et efficace, donc utile, ne se galvaude pas ! En conséquence, les éléments peu ou pas actifs subissent une réalité auto disciplinaire souvent forte.

L’échelon individuel est loin d’expliquer complètement le bénévole. Son engagement n’est pas seulement pris vis-à-vis de lui-même, mais aussi vis-à-vis de sa collectivité d’appartenance ; et on parle là, bien sûr, de reconnaissance.

Le bénévole remplit avant tout des fonctions sociales d’animation et de lien, avec une participation forte à la vie sociale. Existe-t-il seulement des cas de bénévoles solitaires, agissant de manière autonome, en dehors de toute structure? Le choix de participer à la vie d’une association plutôt qu’une autre est finalement un choix relevant à 100% de sa seule volonté individuelle.

Mais en référence à quelles valeurs ?

Même cachées, celles héritées de l’enfance puis de l’adolescence marquent la personnalité. Le milieu social et le parcours professionnel vont ensuite avoir un impact fort, au même titre que l’expérience individuelle déjà acquise dans le bénévolat. L’objet principal de l’association choisie est évidemment primordiale, mais très vite la clarté de la tâche/mission proposée, partant sa compréhension et sa réalisation, devient primordiale dans l’animation des bénévoles, dans leur cohésion pour une action collective. La mission est capitale pour le bénévole : elle donne un cadre à son action dont elle mesure l’efficacité et le rapproche de son environnement social. Sa “rémunération” n’est pas pécuniaire, mais très puissante : c’est la reconnaissance.

Le bénévole a normalement dépassé le niveau des besoins de subsistance et ne fait donc pas partie des plus démunis, même s’il a pu l’être, son accomplissement personnel recherche des références d’un autre ordre. Ses besoins ne sont plus seulement individuels, la partie collective devient primordiale.

Directement lié à l’accomplissement effectif de la mission, vient la reconnaissance, principal moteur du bénévole, et on commence alors à parler d’ego. Les exemples de besoin de reconnaissance de bénévoles font foison. Le bénévole veut être reconnu pour ce qu’il est au travers de ce qu’il fait.

Hiérarchie ?

Même si le mot est redouté par beaucoup, dire qu’il n’y a pas de hiérarchie dans un groupe de bénévoles est une erreur, et toutes les précautions administratives ne sont garantes en rien du bon fonctionnement d’un groupe. Le bénévole n’avance pas parce qu’il a reçu un ordre, c’est de sa volonté propre qu’il entreprend une tâche, parce qu’il est convaincu de son intérêt, pas par suite d’une expression hiérarchique de son organisation.

 

Loin du Taylorisme productiviste, près des hommes et de leurs besoins, nos bénévoles seraient-ils un terreau révolutionnaire ?

 

...tu as l’détonateur juste à côté du coeur...

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